Tribune du groupe
      "Mieux vivre à Thiers"

      A la fin du Conseil municipal du 16 juin dernier, le maire a été interpellé par des habitants d’un quartier pavillonnaire, mécontents des troubles provoqués par des jeunes des immeubles voisins. En réponse, le maire a conseillé de porter plainte auprès de la gendarmerie, où il aurait été répondu que les différents de voisinage relèvent de la compétence… du maire ! Ces deux attitudes sont tout aussi inexactes : si la brigade de gendarmerie a pour priorité la prévention et la répression des crimes et délits, elle demeure seule à disposer de la force publique et concourt ne serait-ce qu’à ce titre à l’ordre public général. Quant au maire, il dispose de moyens d’intervention propres en fonction de la situation :
      • Dans l’urgence : la médiation, le rappel à l’ordre (de la famille pour un mineur), des arrêtés de police réglementant certains espaces, le bruit, interdisant la consommation d’alcool dans l’espace public, etc…, des relevés des contraventions par la police municipale (à condition qu’elle dispose de l’effectif et des moyens suffisants, ce qui demeure loin d’être le cas) ;
      • A moyen terme : par la prévention ( associations sportives et de jeunesse, éducation spécialisée) ; par la mise à disposition d’un lieu réglementé et animé. Et, si nécessaire, par des sanctions administratives adaptées ou encore civiles, voire pénales en lien avec les autorités judiciaires. La coopération entre la municipalité, la gendarmerie, la justice et les acteurs éducatifs et associatifs est essentielle et justifiait amplement un Comité communal de sécurité et de prévention, malheureusement chez nous dilué dans un comité intercommunal représentant 36 communes , sans opérationnalité. En tout état de cause, pour nous, le maire demeure le premier responsable de la tranquillité publique et c’est à raison que les citoyens s’adressent d’abord à lui.

      Eric Boucourt, Régine Béal, Francis Roux, Serap Alp, Yoann Bentejac, Farida Laïd

      70 médecins généralistes et 7 spécialistes recrutés comme salariés, en moins de 4 ans, pour couvrir les besoins du département de Saône et Loire. Cette réussite manifeste, pourtant parfaitement connue du Conseil départemental du Puy de Dôme, tarde à se mettre en oeuvre ici : 2 médecins promis à Thiers en ville haute depuis 3 ans sont annoncés avant l’été … Mais à Thiers, comme ailleurs, ce saupoudrage de quelques médecins isolés risque fort de se révéler peu attractif pour les médecins et donc peu durable pour les territoires concernés et leur patientèle. En effet, l’expérience désormais éprouvée a montré que :
      – si le salariat est attractif pour de jeunes médecins majoritairement en première installation ou pour de plus âgés souhaitant une diminution ou une prolongation d’activité, il n’est pas en soi suffisant ;
      – un exercice collectif est aussi recherché par eux tant pour faciliter gardes, remplacements et congés que pour les échanges de pratiques professionnelles qu’il permet ; C’est pourquoi un centre de santé à l’échelle de la communauté de communes répondrait beaucoup mieux aux attentes professionnelles et d’organisation des médecins, comme aux besoins évidents des autres communes demeurés jusqu’ici sans réponse. Dans le cas du territoire de TDM, le dispositif se traduirait par un centre principal à Thiers , de 5 à 6 ou 7 médecins (nb à préciser en concertation avec la profession, le CH et l’ARS), assorti d’annexes de consultation dans les communes intéressées (à proposer ainsi à Courpière, Puy-Guillaume, La Monnerie…?), ainsi qu’une annexe de ville haute si le centre est installé en ville basse ou inversement. La Saône et Loire y a réussi et nombre de départements ou autres collectivités s’y sont engagées à leur tour. Pourquoi pas nous ?

      Eric Boucourt, Régine Béal, Francis Roux, Serap Alp, Yoann Bentejac, Farida Laïd

      Comme pour le budget 2021, notre groupe s’est refusé de voter tel quel le budget 2022, en raison de la part trop importante consacrée au patrimoine à vocation culturelle, en comparaison d’autres besoins. En effet, après ceux de la médiathèque, le PPI (Programme Pluriannuel d’Investissements) prévoit  des travaux très importants au Creux de l’Enfer, l’usine du May, les Forges Mondière, le « Paquebot », le musée de la Coutellerie, l’ancienne AFPI (pour y transférer le conservatoire de danse), sans parler encore du cinema, qu’il faudra bien rénover et adapter un jour pour les PMR… Si chacun des projets a un intérêt en soi, c’est leur accumulation et son coût très élevé au total qui pose question, pourquoi nous en avons voté certains, mais nous sommes abstenus sur d’autres, considérant :
      – qu’il n’y avait pas urgence, tous les bâtiments étant hors d’eau depuis le mandat de M. Déglon et que l’usage de certains n’était pas clairement défini (Forges Mondière, Paquebot…) ;
      – qu’il existe nombre d’autres besoins : équipements sportifs, centre de santé, écoles et voirie notamment et que, pour nous, un meilleur équilibre avec les besoins quotidiens des thiernois s’impose . Surtout, bien que le groupe majoritaire se soit présenté comme le champion de la « démocratie participative », les choix essentiels sont décidés dans l’opacité. S’il est exact que la COVID a fortement contrarié la concertation annoncée avec les thiernois, rien n’aurait en tous cas empêché la concertation interne au sein des commissions spécialisées, conçues comme de simples instances d’information et non d’échanges de propositions, pourtant nombreuses de notre part. Il n’est cependant pas trop tard pour mieux faire, sachant que notre groupe continuera à soutenir tout ce qui nous apparaît aller de l’avant, pour Thiers, mais aussi pour les thiernois.

      Eric Boucourt – Régine Béal – Francis Roux – Serap Alp – Yoann Bentejac Farida Laïd

      L’Ordre public (sécurité, tranquillité et salubrité publiques) est la première responsabilité de tout maire. 18 mois après son élection, il est donc grand temps que le nôtre décide enfin la mise en place du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD).
      Pourquoi un CLSPD ?
      parce qu’autorités judiciaires et gendarmerie se chargent essentiellement de la répression ( APRES la commission des crimes et délits, mais beaucoup moins des « incivilités », lesquelles pourtant peuvent empoisonner le quotidien) et, très peu, de la prévention ( AVANT le passage à l’acte) ;
      il revient ainsi principalement au Maire d’agir contre les incivilités et d’assurer cette prévention, non seulement en s’en donnant les moyens, mais surtout en coordonnant de multiples acteurs : Procureur, Sous-préfète, gendarmerie, services sociaux départementaux et municipaux, établissements d’enseignement, hôpital, services publics locaux, associations spécialisées ou concernées ( sport, culture, santé…), ainsi que les représentants des conseils citoyens et autres instances de quartiers annoncées…

      Les problématiques à traiter sont multiples à Thiers, aussi sommes-nous en désaccord avec le choix d’un CLSPD intercommunal, où nous nous trouverons beaucoup trop nombreux, avec un risque de dilution là où au contraire il faudrait concentrer.
      Sans négliger pour autant les besoins de soutien plus ponctuels des autres communes, nous demandons que soient mises en place à Thiers les trois commissions permanentes recommandées par l’Etat : 1 Violences intrafamiliales, 2 Prévention en direction des jeunes, 3 Tranquillité et propreté des espaces publics .
      Sachant que prévention et sécurité nécessitent en priorité poursuite des vaccinations et des gestes barrières, continuons chacun dans l’intérêt de tous !

      Eric Boucourt – Régine Béal – Francis Roux – Serap Alp – Yoann Bentejac Farida Laïd